Groupe de personnes marchant devant tours modernes

Les habitants de Dubaï s’appellent les Dubaïotes. Ce gentilé reste pourtant moins figé qu’on ne le croit, et il ne dit pas grand-chose de la réalité sociale d’une ville où presque personne n’est né sur place. Voici comment l’utiliser, à qui il s’applique et quelles nuances connaître.

Comment appelle-t-on les habitants de Dubaï ?

La forme la plus courante en français est « Dubaïote » au singulier et « Dubaïotes » au pluriel. On rencontre aussi « Dubaïen » et « Dubaïens », calqués sur d’autres gentilés en -ien, et certains textes parlent simplement des « habitants de Dubaï » pour contourner la question. Aucune de ces formes n’est officielle, puisque le gentilé de Dubaï n’est fixé par aucune institution française. Dubaïote domine toutefois dans les dictionnaires, les encyclopédies et la presse francophone.

En arabe, on utilise « Dubawi » pour désigner une personne originaire de Dubaï. Ce terme renvoie surtout à l’identité locale et familiale, celle des lignées installées depuis longtemps sur les rives du Golfe persique.

Émiratis et expatriés : qui vit réellement à Dubaï ?

Dire « Dubaïote » ne revient pas à dire « Émirati ». Le mot Émirati désigne la nationalité : un citoyen des Émirats arabes unis, qu’il vive à Dubaï, à Abou Dhabi ou à Fujaïrah. Le Dubaïote, lui, se définit par le lieu de résidence, et recouvre donc des profils très différents.

La grande majorité des résidents de l’émirat de Dubaï sont des expatriés. Les Émiratis représentent moins de 10 % de la population, le reste venant d’Inde, du Pakistan, du Bangladesh, des Philippines, d’Égypte, mais aussi d’Europe, du Royaume-Uni ou de France. Les ressortissants indiens forment la communauté la plus nombreuse. Cette composition fait de Dubaï l’un des territoires les plus multiculturels de la planète.

Dubaïote ou Émirati : deux mots, deux réalités

Un expatrié français installé depuis dix ans à Dubaï peut se dire dubaïote dans la conversation, mais il ne sera jamais émirati : la nationalité émiratie s’obtient très rarement par naturalisation. Employer l’un pour l’autre est la confusion la plus fréquente.

Combien d’habitants compte Dubaï ?

Gratte-ciel illumines bordant une avenue animee la nuit

Selon le Dubai Statistics Center, qui publie des estimations en continu, l’émirat comptait environ 3,8 millions d’habitants en 2025, contre 3,6 millions environ deux ans plus tôt. Ce chiffre progresse vite, porté par l’arrivée constante de travailleurs, de familles et d’investisseurs. Il varie selon la date de l’estimation, car les Émirats arabes unis ne procèdent pas à un recensement décennal classique comme la France.

Cette population est aussi très masculine et très jeune, en raison du poids des travailleurs expatriés dans la construction, les services et le commerce. À l’échelle du pays, les Émirats arabes unis dépassent les 10 millions d’habitants, dont Dubaï concentre plus du tiers.

Ne pas confondre : habitants de Dubaï, d’Abou Dhabi et des autres émirats

Les Émirats arabes unis réunissent sept émirats : Abou Dhabi, Dubaï, Charjah, Ajman, Oumm al-Qaïwaïn, Ras el-Khaïmah et Fujaïrah. Beaucoup de gens pensent qu’Abou Dhabi est le nom de la capitale de Dubaï, ou l’inverse, alors que ce sont deux émirats distincts, avec chacun son gouvernement local. Abou Dhabi est la capitale fédérale du pays, tandis que Dubaï en est la ville la plus connue.

Chaque émirat a donc ses propres habitants, et les gentilés suivent la même logique. Le tableau ci-dessous résume les usages les plus répandus en français.

Territoire Habitants Ce que le mot désigne
Dubaï (émirat et ville) Dubaïotes (parfois Dubaïens) Toute personne qui y réside
Abou Dhabi Abou-Dhabiens Toute personne qui y réside
Émirats arabes unis Émiratis Les citoyens, quel que soit leur émirat

Quel terme choisir selon le contexte ?

Dans une conversation courante, « Dubaïotes » convient très bien pour parler des gens qui vivent à Dubaï, sans préciser leur origine. Si l’on veut évoquer les citoyens de souche, mieux vaut dire « Émiratis » ou « Émiratis de Dubaï ». Pour la population résidente non émiratie, le mot « expatriés » est le plus juste, même si beaucoup y vivent depuis des décennies.

Dans un texte formel, une formulation neutre comme « les résidents de Dubaï » évite toute ambiguïté. Elle a l’avantage de ne pas laisser croire que tous les habitants partagent la même nationalité ni la même culture, ce qui serait très loin de la réalité sur place.

Pourquoi ce gentilé reste peu utilisé

Dans la vie quotidienne, les gens parlent surtout de leur nationalité : on se présente comme Indien, Britannique, Libanais ou Émirati avant de se dire dubaïote. La ville s’est construite très vite, en quelques décennies, et son identité repose sur un mélange permanent plutôt que sur une origine locale commune. Le gentilé existe, il est correct, mais il sert davantage aux journalistes et aux auteurs francophones qu’aux résidents eux-mêmes.

Retenez donc l’essentiel : Dubaïote pour qui habite Dubaï, Émirati pour qui détient la nationalité du pays, et une population dominée par les expatriés, qui dépasse aujourd’hui les 3,5 millions de personnes.